DAMIA - La maltraitance et l’intimidation envers les personnes aînées : Bonifier la pratique de sensibilisation des organismes communautaires favorisant le passage de la prise de conscience au signalement

CHERCHEUR(E) PRINCIPAL(E) :

Marie Beaulieu, Ph. D., Université de Sherbrooke

L’équipe de l’organisme DIRA-Estrie

- Céline Delorme, Coordonnatrice du projet DAMIA chez DIRA-Estrie

ÉQUIPE DE CHERCHEURS :

S.o.

PERSONNEL DE LA CHAIRE :

Caroline Pelletier, Coordonnatrice du projet, étudiante au doctorat en gérontologie (UdeS) et auxiliaire de recherche

Roxane Leboeuf, Coordonnatrice de la Chaire et professionnelle de recherche

ORGANISME SUBVENTIONNAIRE ET MONTANT DE LA SUBVENTION :

Québec ami des aînés (QADA) : 300 000$

DATES DE RÉALISATION :

29 décembre 2015 au 31 décembre 2018 

LIENS AVEC LES OBJECTIFS DE LA CHAIRE :

Objectif 1 : Développer des connaissances théoriques, empiriques et pratiques (praxéologiques) sur : les formes et types de maltraitance; les facteurs de vulnérabilité et de risque associés à la maltraitance ; les conséquences de la maltraitance ; le profil de la personne qui maltraite ; la bientraitance ; l’intimidation (y compris l’intimidation en ligne).

RÔLE JOUÉ PAR LA CHAIRE :

Leader du projet.

PROBLÉMATIQUE :

Les organismes communautaires engagés dans la lutte contre la maltraitance et l’intimidation envers les personnes aînées offrent une variété d’activités de sensibilisation. Ces activités visent à informer les personnes aînées sur les moyens, les outils, les ressources, ou encore les recours à leur disposition pour parler de la situation de maltraitance ou d’intimidation qu’elles vivent.

Dans certains cas, ces activités permettent à des personnes aînées de se reconnaître comme étant maltraitées ou intimidées. Cependant, le passage à l’action conduisant ces personnes à rechercher de l’aide ne se fait pas automatiquement. Il importe donc de se questionner sur l’efficacité des actions de sensibilisation posées.

Plusieurs freins à la demande d’aide chez les personnes aînées en contexte de maltraitance ou d’intimidation sont connus sur le plan théorique, tels que : la crainte du recours aux services policiers, la certitude de ne pas avoir besoin de services, la conviction que la personne maltraitante ou intimidatrice obtiendra ce qu’elle veut malgré les interventions pour mettre fin à la situation, le sentiment de honte et de culpabilité, la crainte de représailles, la crainte de devoir être hébergée, etc. Toutefois, peu d’études ont été menées sur le plan de la pratique. Donner la parole aux personnes aînées permettrait de mieux comprendre leurs besoins en matière d’accompagnement et de soutien. 

BUT OU QUESTION DE RECHERCHE :

Communément appelé Demande d'aide dans un contexte de maltraitance ou d'intimidation chez les aînés (DAMIA), le projet a pour but d'identifier les freins à la demande d’aide en contexte de maltraitance et d’intimidation, ainsi que les besoins en matière de sensibilisation auprès des personnes aînées elles-mêmes afin de bonifier les pratiques de sensibilisation des organismes communautaires auprès des personnes aînées.

Il vise à répondre à sept questions :

  1. Quels sont les freins à la demande d’aide en contexte de maltraitance et d’intimidation au Québec ? En quoi se comparent-ils avec ceux recensés dans la littérature internationale?
  2. Est-ce que les freins à la demande d’aide varient selon le milieu de vie de la personne aînée?
  3. Quels sont les besoins des personnes aînées en matière de sensibilisation afin de passer de l’étape de la prise de conscience à la demande d’aide d’une situation de maltraitance?
  4. Est-ce que les pratiques actuelles de sensibilisation sont adéquates pour favoriser le passage de la prise de conscience à la demande d’aide?
  5. Quel contenu de guide de pratique pour les organismes communautaires serait le plus adéquat pour favoriser ce passage?
  6. Comment bien implanter un tel guide de pratique?
  7. Quelles observations peut-on tirer de l’application de ce nouveau guide de pratique?

OBJECTIFS :

Le projet poursuit six objectifs :

  1. Poser un regard critique sur la pratique de sensibilisation actuelle des organismes communautaires;
  2. Identifier les freins et les leviers à la demande d’aide en contexte de maltraitance et d’intimidation selon les différents milieux de vie des personnes aînées;
  3. Bonifier ou développer un guide de pratique de sensibilisation à l’usage des bénévoles et des intervenants des organismes communautaires;
  4. Implanter et faire une évaluation de l’implantation du guide de pratique et de ses effets sur les personnes aînées et au sein de leur milieu de vie, en Estrie;
  5. À la lumière des constats à l’objectif 4, produire une version finale du guide de pratique;
  6. Diffuser le guide de pratique.

MÉTHODOLOGIE :

1. Collecte de données théoriques et pratiques en 6 étapes :

a. Synthèse des connaissances par deux recensions systématiques internationales des écrits sur dix ans :

- Une première sur les pratiques des organismes communautaires en matière de lutte contre la maltraitance et contre l’intimidation;

- Une seconde sur les freins et les leviers à la demande d’aide en contexte de maltraitance et d’intimidation;

b. Inventaire critique du matériel et des activités de sensibilisation en usage chez DIRA-Estrie et au sein des organismes des 7 municipalités régionales de comté (MRC) de l’Estrie qui réalisent des activités de sensibilisation;

c. Passation de questionnaires auprès de personnes aînées (250 questionnaires en français et 50 questionnaires en anglais);

d. 12 à 15 entrevues de groupes de personnes aînées (5 à 12 personnes) selon différents milieux de vie où les personnes peuvent être intimidées ou maltraitées : le domicile traditionnel, les logements sociaux pour aînés, les coopératives d'habitation et les résidences privées pour aînés.

e. Entrevue individuelle avec des administrateurs de différents milieux de vie (n=10 à 15 personnes).

f. Groupes de discussion ou entrevues individuelles avec les administrateurs, intervenants et bénévoles de DIRA-Estrie, ainsi qu’avec les organismes de l’Estrie qui réalisent des activités de sensibilisation (n=20).

  • 2. Analyses quantitatives et qualitatives des collectes de données;

    3. Dégagement des pratiques émergentes;

    4. Production d’un guide de pratique;

    5. Implantation du guide dans au moins 5 milieux de vie;

    6. Évaluation de l’implantation;

    7. Révision et finalisation du guide de pratique;

    8. Mise en place d’un plan de transfert des connaissances et de diffusion du guide de pratique.

AVANCEMENT DES TRAVAUX :

Caroline Pelletier a intégré ses fonctions de coordonnatrice du projet DAMIA en février 2016. Caroline est une étudiante de la Chaire qui réalise son doctorat en gérontologie à l’Université de Sherbrooke sous la direction de Marie Beaulieu. Son projet de thèse est puisé à même le projet DAMIA et vise à offrir une meilleure compréhension de l’expérience des personnes aînées dans une situation de maltraitance. Consultez la fiche de du projet de thèse de Caroline Pelletier pour en savoir davantage.

La Chaire et l’organisme DIRA-Estrie travaillent en étroite collaboration pour réaliser chacune des étapes du projet. Ensemble, ils ont développé les outils leur permettant d'amorcer la collecte de données. Cette dernière est en cours depuis l'été 2016 suite à l'approbation du comité éthique de la recherche de la Faculté des Lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke, ci-nommé CÉR.

La synthèse de l’état des connaissances est complétée (recension des écrits, validation interjuges des résumés, lecture des articles, complétion des grilles de lecture), le rapport est quasi terminé.

L’inventaire des activités de sensibilisation de lutte contre la maltraitance et l’intimidation envers les aînés est finalisé. L’analyse critique du contenu de ces activités est terminée, mais elle sera bonifiée suite à l’observation du déroulement de quelques-unes de ces activités.

Le comité-conseil a été formé au printemps 2016. Il se compose de 17 experts terrain provenant de différents milieux tels que :

  • des tables de concertation et des associations d’aînés (Table régionale de concertation contre les mauvais traitements faits aux aînés, Table de concertation des aînés de l’Estrie, AREQ Estrie, AFEAS Estrie, FADOQ Estrie)
  • des organismes communautaires (Carrefour communautaire Montrose, Réseau d’Amis-RAAN, Les Saguenéens et Jeannois pour les droits de la personne, Société Alzheimer)
  • de différents milieux de vie (OMH Sherbrooke, Résidence les Jardins de Magog, Résidence La Seigneurie Chartwell)
  • d’un organisme de justice alternative (Le Pont)
  • d’un programme MADA (VADA-Sherbrooke)
  • et d’un travailleur de milieu auprès des aînés en situation de vulnérabilité.

De plus, 2 experts de l’organisme partenaire DIRA-Estrie siègent sur le comité-conseil : une bénévole et une membre du conseil d’administration. Le rôle de ce comité est d’offrir des conseils et des recommandations à l’équipe de recherche concernant l’avancement des travaux.

Une première rencontre avec le comité-conseil a eu lieu à la fin mai 2016 afin de faire connaissance avec chacun des experts qui le composent, de leur présenter le projet et les phases à venir, de nommer les attentes de l’équipe de recherche envers le comité-conseil. Le comité a ensuite été invité à émettre ses conseils et recommandations à l’égard du projet DAMIA. Une seconde rencontre a eu lieu en décembre de la même année afin de présenter l’avancement des travaux et les activités à venir pour la prochaine année.

Finalement, au cours de la première année d’activité, l’équipe de recherche a décidé d’employer le terme « demande d’aide » plutôt que « signalement », car il englobe une plus grande gamme d’actions. Tout comme le signalement, la demande d’aide peut se rapporter à une démarche officielle auprès d’acteurs ciblés et spécifiquement formés pour lutter contre la maltraitance, tels les policiers ou les intervenants psychosociaux. Ce processus formel peut mener à la formulation d’une plainte. La demande d’aide peut aussi être le fait d’une démarche plus informelle auprès d’un membre du réseau social de la personne aînée, tel un ami, un membre de la famille ou le curé ainsi qu’auprès de tout autre professionnel n’ayant pas une formation spécifique en matière d’intervention auprès de personnes aînées maltraitées. Ce changement de terminologie permet de mieux couvrir la problématique à l’étude.

COMMUNICATIONS :

Communications scientifiques (évaluées par un comité de pairs)

Pelletier, C. et Beaulieu, M. (25 novembre 2016). Comprendre les comportements des aînés afin de réajuster une offre de services en matière de lutte contre la maltraitance et l'intimidation: quelques réflexions tirées d'un projet de recherche-action. Communication présentée au Colloque étudiant sur la recherche partenariale: défis et enjeux de la recherche avec: points de vue de jeunes chercheurs.e.s., Montréal, Canada.​

Pelletier, C., Delorme, C. et Beaulieu, M. (21 octobre 2016). Freins et leviers à la demande d’aide en contexte de maltraitance ou d’intimidation: analyse des pratiques en milieu communautaire en Estrie. 45e Réunion scientifique et éducative annuelle de l’Association canadienne de gérontologie, « Favoriser l’innovation en recherche sur le vieillissement », Montréal (Canada).

Pelletier, C., Delorme, C. et Beaulieu, M. (30 mars 2016). Projet QADA 2016-2018 : La maltraitance et l’intimidation envers les personnes aînées : Bonifier la pratique de sensibilisation des organismes communautaires favorisant le passage de la prise de conscience au signalement. Journées des sciences humaines de l’Université de Sherbrooke. Sherbrooke (Québec).

Conférencières invitées

Pelletier, C., Delorme, C. et Beaulieu, M. (13 avril 2016). Projet QADA 2016-2018:
La maltraitance et l’intimidation envers les personnes aînées:Bonifier la pratique de sensibilisation des organismes communautaires favorisant le passage de la prise de conscience au signalement. Table régionale de concertation contre les mauvais traitements faits aux personnes aînées de l’Estrie. Sherbrooke (Québec).

ÉCRITS :

Acte de colloque

Pelletier, C. et Beaulieu, M. (soumis, novembre 2016). Comprendre les comportements des aînés afin de réajuster une offre de services en matière de lutte contre la maltraitance et l'intimidation: quelques réflexions tirées d'un projet de recherche-action. Actes du colloque étudiant sur la recherche partenariale: défis et enjeux de la recherche avec: points de vue de jeunes chercheurs.e.s. Montréal, Canada.

Dernière modification le lundi, 30 janvier 2017 15:18

En cas d'urgence

Si vous vivez de la maltraitance ou êtes témoins d'une situation de maltraitance et souhaitez obtenir de l'information ou de l'aide, veuillez communiquer avec la ligne Aide Abus Aînés (pour les résidents du Québec)

1 888 489-ABUS (2287)

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